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ALAIN FOSSION,
NAMUROIS DE L'ANNÉE !

 

Tour à tour numismate éclairé, maître d’œuvre énergique, conservateur passionné, fervent administrateur, passeur de savoirs et commissaire d’expositions, Alain Fossion endosse de multiples responsabilités à la Société archéologique de Namur depuis plus d’une trentaine d’années. Il vient d’être couronné du titre de Namurois de l’année 2016 dans la catégorie Patrimoine.

Arrivé à la Société archéologique de Namur lors des fouilles de la chapelle d’Asty-Moulin en 1984, il a depuis lors participé activement à tous, ou presque, les projets concernant le TreM.a (Musée des Arts anciens du Namurois) et la SAN. Passionné d’histoire à travers les monnaies et les médailles, Alain Fossion est avant tout un numismate dans l’âme. Une passion d’enfance, née à une époque où l’on pouvait ramasser des monnaies en se promenant dans la région de Liberchies, qui ne l’a jamais quitté et l’a conduit à la fonction de Conservateur du cabinet numismatique de la SAN et à l’organisation de plusieurs expositions.  Ses compétences et sa passion avaient déjà franchi les frontières, il ne lui manquait plus que la reconnaissance officielle de sa région de prédilection. Parmi plus de 110 000 habitants, Alain Fossion vient d’être promu « Namurois de l’année »  dans la catégorie Patrimoine pour ses activités menées en 2016. Nous avons recueilli ses réactions suite à ce titre décerné en février dernier entre deux réunions, deux visites de chantier et deux consultations.

Vous êtes un des 12 « Namurois de l’année », quel effet ça vous fait ?
Le titre est décerné pour 5 expositions et une journée d’études (« Médailles & art contemporain »ndlr) qui sont un travail d’équipe donc c’est relatif. Et je me suis dit que j’avais fait des choses intéressantes par le passé pour la conservation du patrimoine à Namur, avec des jeunes notamment comme les chapelles de Montaigle, Gembloux, Arbre et Profondeville, ainsi que le jardin des Carmes. Être Namurois de l’année, ça me fait plaisir évidemment, c’est une reconnaissance d’un travail accompli mais ces activités de préservation/reconstruction ont pour moi plus de valeur car on pérennise un patrimoine et ça représente plus pour la société.  On amène des jeunes à être conscients de certaines valeurs et à apprendre un métier tout en conservant notre patrimoine.

Le patrimoine est un terme très utilisé à notre époque, qu’est-ce qu’il signifie pour vous ?
Pour moi, ça représente une sorte de tradition face à notre monde qui promeut le jetable, la consommation débridée. Pas si loin dans le passé, nous avions des produits qui duraient et je préfère cela, c’est plus positif, ça met en valeur l’homme qui produit quelque chose qui résiste au temps. Pour moi, le patrimoine peut également être contemporain, je cherche une forme de qualité dans le produit, réalisé dans le respect et le plaisir. Le patrimoine signifie aussi pour moi un cadre de vie quotidien qui nous situe dans l’histoire, il implique d’autres choses que des objets, l’humain y a sa place également, je souhaite vivre en harmonie dans une certaine esthétique. L’intérêt du patrimoine c’est le cadre de vie qu’il donne. Je peux prendre comme exemple la ville de Bruges qui est un bon exemple de la mise en valeur du patrimoine, qui a évidemment aussi une valeur économique. Grâce à une réglementation pour les enseignes et les vitrines, même les fast-food sont beaux à Bruges !

Que pensez-vous de la mise en valeur du patrimoine dans une ville comme Namur ?
Je pense que Namur a peur d’aller dans le sens d’une règlementation pour les commerces comme à Bruges, il suffit de voir l’entrée en ville par la N4 depuis Marche. C’est enlaidi avec de très grandes enseignes alors qu’il suffirait d’un règlement pour garantir l’harmonie, on pourrait agir autrement ! Le patrimoine ça implique également un entretien des bâtiments et il y a souvent un manque de décisions à ce sujet-là, résultat : on paye plus cher pour la restauration une fois que le bâtiment est menacé, c’est le cas de l’église Saint-Joseph de la rue de Fer. Une chose qui me choque également à Namur, c’est la destruction de bâtiments comme les casernes, on ronge notre patrimoine alors que ça pourrait devenir un exemple pour le futur. Est-il inconcevable d’intégrer ces bâtiments historiques dans les nouvelles constructions ?

Quels sont vos projets pour 2017 ?
On termine actuellement les travaux d’aménagement des locaux qui vont accueillir la bibliothèque du TreM.a qui doit absolument quitter le musée pour des questions de stabilité. Je continue à participer aux expositions temporaires qui se préparent au TreM.a et j’espère aussi que l’on pourra mettre en évidence les résultats des fouilles qui vont démarrer sur le site du Grognon. D’autre part, je souhaite également que les réserves des musées namurois soient améliorées, on doit trouver des solutions  car la part d’œuvres contenues y est beaucoup plus importante que dans les musées et les réserves n’offrent actuellement pas une conservation optimale.